Les Ailerons                   
Aéroclub d'Enghien-Moisselles



L'histoire de l'aéroclub

C'est Jean Michel VERNHES président de l’Aéroclub " Les Ailerons " d’Enghien Moisselles de 1949 à 1971, et depuis Président d’honneur, qui nous a quitté le samedi 10 janvier 1976, à qui l'on doit un grand bout de l'histoire de notre association.

Il est bien difficile de définir en quelques lignes ce personnage, ceux qui l’on connu peuvent en témoigner, il faudrait un livre pour le raconter.

Pour ceux qui n’ont pas eu cette chance, sachez :

  • que sans Monsieur Jean Michel VERNHES, notre association, l’Aérodrome, les Installations, ne seraient pas ce qu’ils sont.
  • qu’il a donné une âme au tour aérien de la France des jeunes pilotes.
  • qu’il a, en son temps, bousculé la construction aéronautique, en constituant au sein de la Fédération Nationale Aéronautique, une coopérative qui construisait des avions école, Emeraude, Super Emeraude, destinés uniquement aux aéroclubs.

Son action auprès du Service de la Formation Aéronautique, de la Fédération Nationale Aéronautique, des Unions Régionales des Aéroclubs, de la Mutuelle d’Assurances Aériennes et de bien d’autres organismes a été appréciée et parfois déterminante pour l’Aviation légère.

Président d’une importante société qui l’occupait beaucoup, tout son temps libre fut consacré bénévolement et avec beaucoup de générosité à ses deux passions, l’aviation et le rugby.

Jean Michel VERNHES a tracé un sillon fécond, il laisse le souvenir d’un homme humain et bon, au contact enrichissant.

Le 10 mars 1957, j’arrive en poste à l’Aéroclub "Les Ailerons" d’Enghien Moisselles, c’est à partir de cette date que je peux raconter Moisselles. Monsieur Jean Michel Vernhes, P.D.G. de la Société Scintex, produisant des clignotants pour les automobiles Renault et autres, était aussi Président de l’Aéroclub "Les Ailerons" et membre du bureau de la Fédération Nationale Aéronautique.

Sous son impulsion la Fédération, voulant étudier un avion nouveau réservé aux aéroclubs, créa une coopérative (la copavia) chargée de l’étude et de la construction d’un avion école en reprenant les plans de Mr PIEL. Partant d’avion muni d’un moteur Continental de 65cv. L’aménagement, la construction, les essais en vol, ont commencés sur l’Aérodrome de Moisselles, supervisés par deux ingénieurs, Mr Piel et Mr Delagrovol. Magnifique avion ayant des qualités de vol impressionnantes, ce fut en France le premier avion qui subit l’exploration de six tours de vrille pour répondre à la carre 3, devenu obligatoire pour les avions fabriqués en France. Après plusieurs mois de travail, la Fédération ne pouvant assurer bénévolement cette énorme tâche, passa le manche à la société Scintex Aviation, qui construisait déjà des hélices à pas variables pour la Yougoslavie. A Partir de cette date il sortira de l’usine de Riom environ 300 appareils, Emeraude, Super Emeraude, qui devaient plus tard donner naissance à la série des CAP. Monsieur Mudry ayant pris la succession des usines Scintex pour la fabrication des avions.

Sous l’autorité de Monsieur Delagrovol Ingénieur Aéro Scintex fabriqua également un merveilleux quadriplace de 250cv le Rubis qui volait déjà à 150 Kts en croisière. Les Ailerons exploitèrent cet avion en voyage, il avait une réelle avance sur tout ce qui volait en France.

Petit retour en 1949, l’année où Mr Vernhes fut nommé Président des Ailerons. A cette époque le terrain de Moisselles était davantage un champ plutôt qu’un Aérodrome, où était basée une école de vol à voile. Il y eu là les grands champions de l’époque tel que Monsieur LABAR qui je crois fut champion du monde. Un jour le nouveau Président trouva par hasard une lettre recommandée avec A.R. non ouverte, c’était une lettre de l’administration qui demandait au Président de bien vouloir constituer un dossier, pour que le Club puisse toucher les indemnités des dommages de guerre. Evidemment les dates de dépôt étaient dépassées et les délais forclos. Rapidement J.M.V. constitua un dossier, réussi grâce à ses relations à faire remettre ce dossier sur le haut de la pile. Dés qu’il eu connaissance du montant du remboursement qui s'étala sur cinq années, il avança cette somme sur ses propres deniers, ce qui permit au Club d’envisager la création d’une vraie école de pilotage.

Le 10 mars 1957 je suis engagé par J.M.V. comme Chef pilote, Directeur de l’Aérodrome.

Alors que je ne m’y attendais pas du tout compte tenu de mes exigences. Effectivement en France peu d’engagements à ce niveau étaient sanctionnés par un véritable contrat. La tâche n'allait pas être facile, pour mettre de l’ordre dans les méthodes de formation au pilotage et aménager la sécurité sur la plate forme . En quelques années l’aimable activité devint une véritable école moderne de pilotage avec la mise en œuvre de la méthode Saint Yan , puis du S.F.A. et les Cessna Pilot Center . L’école eu vite la réputation de former des pilotes professionnels plutôt que des pilotes de tourisme, mais surtout on peu dire que le club créa les voyages Aériens de groupe en France. C’est ainsi que "Les Ailerons" vont gagner sept fois la coupe Jean Raty et la coupe de le Société générale de Fonderie, avec des handicaps de plus de cent cinquante mille kilomètres sur des Aéroclubs d’Algérie comme Oran, ou en France sur Les Aéroclubs comme Air France, et Paul Tissandier. En 1968 le Club atteint pratiquement Huit mille heures de vol toutes activités confondues, avec de bons classements de nos jeunes pilotes dans le Tour de France Aérien.

Le club profita largement des essais en vol de la production des avions Scintex qui se faisaient à Moisselles, et en n'achetant pas très cher des avions de démonstration,

Puis il y eu mai 1968, et les effets de cette mini révolution commencèrent à se faire sentir quelques années plus tard. La crise économique, le chômage galopant, touchant très vite une certaine catégorie de pilotes, les heures de vol effectuées en voyage commencèrent à baisser. Les heures de vol des voyages payaient à cette époque les heures faites en double commande, il n’y avait donc pas de majoration sur les heures de vol en double commande. Progressivement les pilotes grands voyageurs réduisirent d’abord cette activité, Il fallut augmenter le prix des heures de vol effectuées en double commande pour assurer le salaire des cinq instructeurs professionnels, des deux secrétaires, et des trois mécaniciens . Puis vous le savez les choses ne se sont pas arrangées, nous nous trouvions être le premier club d’Europe, avec un surcroît de personnel, avec un excellent matériel très bien équipé. Il fallu donc penser aux licenciements qui coûtèrent très chers allant jusqu’à entamer sérieusement notre réserve le legs Duret.. Les Présidents se sont succédés bons où mauvais , mais c’est tout de même Mr Pierre Nantet qui entre les années 87 et 99 réussi a reconstituer le montant du legs tout en ne gérant le club qu'avec des bénévoles. Depuis une équipe de jeunes pilotes dynamiques essaye avec la reprise économique de redonner aux " AILERONS " sa réputation d’antan.

Roger CRUMIERE


 


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